Histoire de la pin-up de 1898 à 1950
1898–1950 : dix repères dans la collection.
La pin-up n’apparaît pas d’un seul coup avec une coiffure ou une pose. Elle emprunte à la presse illustrée, aux calendriers et aux studios de cinéma. Cette sélection suit quelques transformations de l’image américaine, à partir des documents réunis ici.
1898 : la femme de couverture
Dans Puck, Harrison Fisher place une élégante au milieu d’une scène humoristique. L’image raconte encore une histoire à plusieurs personnages. La figure féminine attire le regard sans se détacher du récit.
1916 : le charme et le trait d’esprit
Une partie d’échecs fournit le cadre de la couverture de Judge. La robe claire et la disposition des personnages rendent la plaisanterie lisible. L’auteur reste non identifié dans la notice source.
1917 : la tenue devient le sujet
Pour Cosmopolitan, Fisher simplifie la scène : un manteau rayé, un béret, des gants et un chien. Le récit s’efface au profit de l’allure. Le vêtement porte désormais une grande partie de l’image.
1927 : attirer le regard au kiosque
Les couvertures de Film Fun par Enoch Bolles jouent avec une palette courte et une silhouette immédiatement reconnaissable. Le cercle bleu de juillet ou la canne à pêche d’octobre donnent à chaque page son idée graphique.
1929 : avant les lettres du magazine
Woman in Pink est présentée sous la forme d’une peinture sans titre imprimé autour de la figure. Cette version révèle les choix de valeurs, les zones calmes et l’espace disponible pour la future mise en page.
1932 : une place au mur
A Day in June d’Edward Mason Eggleston est publié comme image de calendrier par Brown and Bigelow. Le support invite à garder l’illustration sous les yeux, plutôt qu’à passer au numéro suivant.
1935 : le visage de studio
Chez RKO, Betty Grable est photographiée en cadrage serré. L’éclairage, la coiffure et le regard hors champ construisent une présence. Les numéros inscrits sur le tirage rappellent son usage promotionnel.
1943 : le corps se retourne
Dans le portrait de Frank Powolny pour 20th Century Fox, le regard par-dessus l’épaule devient le ressort de l’image. Le fond reste neutre : la pose doit fonctionner à elle seule.
1947 : la pose peinte
The Verdict Was, Wow! de Gil Elvgren associe un chapeau rouge, une robe verte et une posture soigneusement réglée. L’image paraît légère parce que sa construction se fait oublier.
1950 : derrière le décor
La photographie préparatoire pour Anchors A-Wow ramène aux conditions matérielles de la pose. Un mât de studio, une échelle et une personne qui stabilise le décor rendent possible la scène que la peinture transformera.
Ce que cette sélection laisse ouvert
Ces documents viennent de la presse, des studios et de l’édition de calendriers américains. Ils ne racontent pas toute l’histoire de la pin-up, en France ou ailleurs. Ils proposent un parcours à travers plusieurs manières de fabriquer et de faire circuler les images.
Les dates sont celles des documents cités. Elles servent de repères pour comparer les œuvres, sans prétendre fixer à elles seules la naissance ou la disparition d’un style.
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